Résumé
L'article analyse la construction de la figure de Voltaire en tant que symbole de l’esprit critique et de l'engagement philosophique. Bien que son audience internationale repose traditionnellement sur l’idéal humaniste universel, ce modèle est aujourd’hui de plus en plus remis en question. L'étude cherche donc à comprendre comment s'est forgée cette réputation de contestation, résumée par le vers célèbre : « Il ôte aux nations le bandeau de l’erreur ». Pour ses contemporains, il incarne le génie littéraire absolu mis au service de la défense de la langue française. Avant de devenir le philosophe des Lumières que l'on connaît, il a cherché à s'ancrer dans la pure tradition théâtrale française en imitant les modèles tragiques de Racine et de Corneille. L'analyse explore ainsi les tensions entre sa dimension purement nationale et sa portée universelle. Ses éditeurs ont joué un rôle clé dans la construction de son image publique en tant que penseur universel. Condorcet, qui admire Voltaire, souligne l'importance de son approche critique, notamment dans le choix des sujets de ses œuvres et l'analyse de l'histoire. La publication de ses œuvres complètes après sa mort a contribué à sa transformation en icône d'un combat républicain et laïque, étendant son influence au-delà des frontières de la France.
Mots-clés
Édition, engagement, critique, langue française, théâtre, histoire nationale, histoire universelle.